mercredi 12 janvier 2011

Présidentielle 2012 : and the winner is… « mon Nic à moi, il me parle d’aventure »



« Il va y avoir du sport mais moi je reste tranquille » sera la bande originale de la campagne présidentielle 2012, car du sport, je peux vous jurer qu’il y en aura. Les coups vont pleuvoir de toutes parts et il faudra une forme olympique pour affronter une campagne qui s’annonce homérique. Après tout, cela correspond bien à l’air du temps. Les nuages s’amoncellent. Il neige. Il vente. Il grêle. Les temps sont durs. Par conséquent il nous faudra un président ou une présidente qui paraîtra à la hauteur des défis, tout en demeurant suffisamment tranquille pour ne pas nous faire flipper. Ce même côté sportif et tranquille qui me pousse à parier d’ores et déjà sur le prochain vainqueur.

Que voulez-vous, en matière politique je suis un incurable turfiste (assez bon d’ailleurs : voir Sarkozy 2007, Obama 2009, Fillon 2010) qui ne résiste jamais à l’envie de miser sur une course polhippique. Or là, sur celle de 2012, j’ai tout misé sur notre Nicolas national, ce qui me permettra de vérifier par la même occasion si celui dont parle Nostradamus (moi) flirte bien mieux avec les astres que cette starlette de l’astrologie qu’est Elisabeth Tessier. Celle-ci donne vainqueur mon bon DSK qui d’après bibi ne passera, malheureusement, même pas les pools de qualification.

Comme je le disais en introduction, la campagne se jouera sur des problématiques de couilles et d’ovaires. Or ce n’est pas tant que notre brave Dominique ne soit pas majestueusement membré, mais malheureusement, ce qui se trouve à la base du mat semble quelque peu vermoulu pour ne pas dire éventré. Ah cette manie de toujours tout donner. Ne dit-on pas « tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise ».

Plus sérieusement, les appétits sont à ce point exacerbés à gauche qu’il se fera croquer de toutes parts. Alors que son courant demeure tout aussi faiblement minoritaire qu’en 2007, Dominique Strauss-Khan sera diabolisé bien plus encore qu’en 2007 par l’aile gauche du parti socialiste, mais aussi par les quadras de l’aile droite qui chercheront à s’en démarquer dans la perspective d’après 2012, sans oublier les mammouths du PS qui ne lui feront pas de cadeaux. Son meilleur espoir serait des primaires ouvertes où les sympathisants de gauche viendraient voter en masse pour lui mais c’est oublier l’usine à gaz que seront ces primaires socialistes, les difficultés d’organisation, sans compter que les belles intentions des sympathisants ne se traduiront pas en actes concrets. Comme d’habitude, dans ce pays, ils auront mieux à faire ou à glander le jour venu. Et quand bien même, il passerait les primaires, il lui faudrait alors produire des efforts titanesques pour corriger ses travers. Tout en jouant les big boss d’un FMI qui a sauvé le monde de la crise financière (en espérant toutefois que la reprise soit là fin 2011), il faudrait qu’il accepte d’avoir l’air moins prof, qu’il joue de son passé de maire de Sarcelles pour faire plus populaire, et qu’il utilise ses histoires de cul pour se rendre plus sympathique aux yeux de Gaulois si friands de ce genre de grivoiseries. En est-il capable ? En a-t-il l’envie ? J’en doute.

Ceux qui par contre démontrent envie et capacités, sont les membres de l’ex-couple Royal-Hollande. Ségolène semble avoir pris de la bouteille depuis 2007, tout en ayant gardé une ambition intacte voire même plus dévorante encore. La voilà qui joue déjà des coudes à droite comme à gauche, qui se présente comme l’héritière de François Mitterrand. L’échappée s’annonce belle. Mais voilà, plus ça va, plus elle devient irritante et insupportable. Son autoritarisme et son égotisme transpirent à grosses goûtes. On sent même que ces élections sont pour elle bien plus une forme de thérapie, de revanche personnelle, qu’un désir de servir notre pays. Un autre qui, sans le dire, se présente comme Mitterrand, n’est autre que son François d’ex-mari. J’ai en effet remarqué que François Hollande imitait depuis quelques temps certains gestes, poses, intonations de mon Mitterrand adoré, ce qui jure avec la bonhomie de ce personnage, certes intelligent et que je tiens en grande estime, quelque peu périmé, historiquement comme politiquement parlant.

Au fond, la seule chance à gauche s’appelle Martine Aubry. « Pourquoi pas Mélenchon ? » Parce que Mélenchon est un guignol autoritaire doublé d’un bouffon populiste qui, de billevesée en sottise, se tire balle sur balle dans les trottignolles. Non, Martine, que je n’apprécie pas pour autant, loin de là même, semble plus apte. Plus intelligente, plus compétente, dotée d’un caractère certain, elle ne manquerait pas de donner du fil à retordre à Nicolas Sarkozy. Mais voilà, on sent que son énergie n’est pas une constante, qu’il y a quelque chose de cyclothymique chez elle, ce qui donne à ses affirmations de caractère des allures de sautes d’humeurs, mais aussi quelque chose de déprimant à son enthousiasme. Mais surtout, à la différence de Nicolas Sarkozy, ça se sent et ça se voit qu’elle ne croit pas à ses promesses. Sans oublier qu’il n’y a rien de tranquille ou de funky chez Martine Aubry.

Au centre, les prétendants ne manqueront pas non plus, mais là aussi, là surtout, les couilles paraîtront bien molles et les ovaires particulièrement stériles. Le centre donnera la pleine mesure de sa vacuité. « Paroles, paroles, paroles », comme le chantait Dalida. Paroles mais aussi pipeau et cornemuse.

Pour mon bon François Bayrou, que j’aime, ce ne seront que belles paroles et puis c’est tout. Pour le Borloo que je n’aime pas, ce sera le pipeau dont on coupera très vite le sifflet lorsque l’on se demandera de quel droit cet ancien avocat d’affaires, qui s’est enrichi avec son ami Bernard Tapie en dépeçant des entreprises, se donne des grands airs d’éminence sociale. La cornemuse sera pour notre brave Villepin. Normal pour cette grande baudruche. Il fera avec celle-ci moult tapage, faisant même illusion pendant un temps. Le temps nécessaire pour que le candidat Sarkozy apprenne la méthode que les Galiciens emploient pour couvrir le vacarme d’une gaita (nom que l’on donne à la cornemuse dans ma Galice) : envoyer une troupe de tamboureurs battre le tambour tout autour du gaiteiro (joueur de cornemuse) jusqu’à ce que le biniou se soit dégonflé.

« Que fais-je de l’extrême droite ? » me demanderez-vous. Sans la sous-estimer, j’en rigole. Oh, elle fera comme d’habitude son petit numéro qui trouvera au début pas mal de clients. Mais voilà, les harangues de la poissonnière de Saint-Cloud auront beau attirer le chaland, celles-ci ne cacheront pas l’odeur de la marchandise frontiste. Leur poiscaille politique pue encore et toujours. Et puis la murène, c’est immangeable. Sans compter que la voix de baryton de notre murène nationale, oups, de la Marine, ne couvrira pas bien longtemps son incompétence et sa nullité. Je crois même qu’elle va passer toute la campagne à répondre aux nombreux procès en incompétence crasse et en nullité absolue. On va rire.

Non, même si ce ne sera pas facile, sauf événement imprévisible, je donne Sarkozy vainqueur par K.O. Au-delà de son énergie et de son volontarisme, malgré ses mensonges, exagérations, et des défauts de tranquillité sur lesquels il continuera de travailler, c’est le seul qui croit suffisamment à ses promesses pour réussir à les vendre au plus grand nombre. Son talent né de commercial est incontestable. Ce gars-là vendrait une Rolex à un RMIste. Or ça, ça change tout.

En fait, histoire de conclure en musique, notre Nico National me fait penser à une chanson de Patricia Kaas, « mon mec à moi » : « Mon Nic à moi, il me parle d’aventure, et quand il brille dans ses yeux, je pourrais y passer la nuit, il parle politique comme il parle des voitures, et… » Rendez-vous dans un an et demi, oh oui !

SILmaril

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